Qu’est-ce que m’apporte l’auto-compassion ?
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Qu'est-ce que la compassion?
Voici la définition du Professeur Paul Gilbert, c’est « la sensibilité à la souffrance propre (autocompassion) et à celle des autres ainsi qu’une motivation à la soulager et la prévenir ».
La compassion est avant tout une motivation, la motivation d’apaiser. Il ne s’agit pas de rester passif face à la douleur ou à la souffrance.
Une autre notion très importante est la reconnaissance de cette souffrance, de l’accueillir sans jugement. Il ne s’agit pas de la nier ni de vouloir l’éviter, la rejeter.
La compassion, c'est de dire par exemple : "ce que tu vis est difficile, ce que tu ressens est tout à fait normal, je suis là pour toi, comment puis-je t'aider ?" .
La compassion en action
Dans notre société, nous entendons souvent “ne sois pas triste, ne pleure pas, ne t’inquiète pas”.
Nous disons à l’autre qu’il ou elle ne doit pas ressentir ce qu’elle ressent. Sauf que notre partenaire, notre ami(e), notre enfant est triste ou s’inquiète ou est en colère.
La compassion, c’est de dire par exemple : «ce que tu vis est difficile, ce que tu ressens est tout à fait normal, je suis là pour toi, comment puis-je t’aider?» .
L’auto-compassion, c’est la même chose mais pour soi.
La compassion est une force
La compassion ce serait un peu «niais» d’après les idées reçues.
Or la compassion est une force, puisqu’elle implique d’accueillir et d’accepter les émotions, d’accepter la souffrance, d’être dans le non-jugement.
Cette force se trouve aussi dans cette motivation à apaiser.
Mon chemin vers la compassion
Des événements traumatisants de mon enfance et de ma vie de jeune adulte ont laissé des séquelles psychologiques.
De ces expériences, il en est resté de la dureté envers moi-même, avec cette petite voix intérieure. Je ne me laissais pas tranquille, je n’étais jamais satisfaite de ce que je
faisais, j’utilisais des phrases très négatives.
Et puis, j’ai commencé à pratiquer la pleine conscience. Lors du DU méditation, gestion du stress et relation de soin, nous abordons la compassion. J’ai suivi ensuite le programme MBCL (Mindfulness Based Compassion Living) proposé par Frits Koster.
Cela m’a fait prendre conscience de cette partie auto-critique, mais aussi
de la regarder avec plus d’humour. Elle est là pensant m’aider mais cela a l’effet inverse.
Puis je me suis formée à la Thérapie Fondée sur la Compassion de Paul Gilbert. J’ai suivi l’enseignement en France grâce au Dr Francis Gheysen.
lorsque je vis des moments difficiles, je m'autorise à me dire "oui c'est difficile".
J'observe ce que je ressens avec bienveillance, je prends le temps d'observer comment les émotions résonnent dans mon corps, et je me demande de quoi j'ai besoin.
La compassion au quotidien
Il m’arrive toujours de me parler sans bienveillance, mais à ce moment là, la partie compassionnée que j’ai apprise à développer entre en jeu. Elle vient temporiser, m’encourager.
D’autre part lorsque je vis des moments difficiles, je m’autorise à me dire que « oui c’est difficile », j’observe ce que je ressens avec bienveillance cette fois, je prends le temps d’observer comment les émotions résonnent dans le corps, et je me demande de quoi j’ai besoin.
Quelque fois, c’est justement de méditer ou bien de marcher dans la nature, de simplement regarder les feuilles bouger s’il y a du vent, de boire une tisane en conscience, de poser les mains sur mon ventre ou la poitrine, ou encore
de chercher du soutien auprès de ma famille ou de prendre rendez-vous avec la psychologue.
Et maintenant ?
Je suis moins en lutte avec les émotions, je sais que lorsqu’elles apparaissent c’est pour une bonne raison, je peux m’apaiser.
Lorsque la partie critique montre le bout de son nez, je peux la regarder avec humour et lui dire que je l’ai entendu et que je n’ai pas besoin d’elle.
J’ai plus confiance en moi, dans le sens où je sais que je peux faire face. Je peux m’appuyer sur ma capacité de résilience. J’ai traversé tellement de moments difficiles et je suis toujours là, ancrée.
J’ai retrouvé la joie, c’est d’ailleurs quelque chose d’assez incroyable. Cette joie, je la sens dans la poitrine, elle crépite tout doucement.
Il m’arrive toujours de me sentir triste, par moment impuissante, découragée, en colère mais ces émotions peuvent cohabiter avec la joie.
Dans ces cas là bien sûr, elle est recouverte par les émotions plus désagréables, mais je sais qu’elle est toujours là.
C’est ce qui me donne cette confiance et cette force de surmonter les obstacles. C’est comme le ciel, au dessus des nuages, il est toujours bleu et le soleil brille. Parfois, il y a des nuages, de la pluie, de l’orage mais au-dessus le ciel reste bleu.
Je ressens aussi beaucoup de compassion pour l’enfant que j’étais. J’étais souvent envahie par la culpabilité avant. Maintenant, je regarde l’enfant intérieur qui a beaucoup souffert et je lui adresse un sourire chaleureux et soutenant.
Bien sûr, il reste des moments où je reste envahie par les émotions, où je vais être beaucoup moins tendre avec moi-même. Notamment lorsque j’ai la sensation d’avoir dit ou fait quelque chose qui aurait pu être blessant pour la personne en face de moi.
La pratique de la pleine conscience et de l’autocompassion nécessitent de la régularité, de la patience, comme pour le sport ou l’apprentissage d’un instrument de musique d’une langue. C’est un véritable engagement envers soi-même.
Florence.
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